- Jean Langlois a écrit:
- On devrait arrêté de subventionner ces stations.
Je suis désolé de constater que votre remarque est empreinte de préjugés.
Quand avez-vous écouté l'une de ces stations pour la dernière fois? Savez-vous ce qu'elles représentent pour leur auditoire, qui y trouve des contenus originaux? Savez-vous ce qu'elles représentent pour les artistes émergents, pour les artisans qui font leurs premières armes en communication?
La radio communautaire et universitaire est plus difficile à rentabiliser du fait qu'elle propose des programmes spécialisés que l'on ne retrouve pas ailleurs. Dans un monde idéal, on aimerait que ces stations se financent entièrement de manière autonome par les dons et la publicité. Mais on doit composer avec une "culture du don" qui est moins développée au Québec et au Canada qu'aux États-Unis par exemple. Comme il faut composer avec la condescendance et l'absence d'intérêt des médias traditionnels, qui parlent abondamment de la radio commerciale de Québec en négligeant chaque fois le reste de l'offre radiophonique.
Il faut aussi mentionner que les ondes sont publiques et on pourrait donc souhaiter que chacun y trouve son compte, et non seulement les segments de marché les plus payants qui sont chaque fois ciblés par les grands groupes médiatiques. Je trouve rafraichissant que l'on puisse encore compter sur un certain nombre de stations qui sont motivées par l'intérêt de leur public et non de leurs annonceurs. Elles jouissent ce faisant d'une indépendance éditoriale sans équivalent.
Dans ce contexte, c'est un vrai tour de force pour une station comme CKRL que de recueillir chaque année quelque 45 000$ en seulement 3 journées de radiothon. Je mentionnerais au passage que CKRL a su diversifier ses sources de revenus et convaincre de nouveaux commanditaires de sorte que les fonds publics représentent la partie congrue de son budget.
Des centaines de personnes, sinon des milliers,
payent pour être membre de CKRL parce qu'ils croient à sa mission. On applaudit un animateur comme Jeff Fillion qui réussi à fidéliser des auditeurs payants. Une autre station de Québec arrive à faire la même chose en faisant la démonstration qu'il y a une demande pour un autre type de radio. À la différence qu'elle doit assumer les coûts importants associés à la diffusion terrestre.